Salon Paris 1901, Partie2
Après avoir parcouru l'allée centrale du Salon dans notre article précédent, nous passons maintenant devant les stands situés sur les côtés du Grand Palais.
À portée de main nous avons la revue des sports La Vie au Grand Air de 22 décembre 1901, qui est spécialement consacrée à ce salon et nous commençons en bas à gauche de la photo d'ensemble pour suivre le parcours N°2.
Dans le coin du Grand Palais, là où il y avait encore hier seulement une enseigne de Barré, se dresse soudain un stand de l'Automotrice, installé à la hâte.
Pour agrandir une photo, pointez-la et appuyez deux fois sur le Ctrl.
Derrière l'Automotrice on voit le panneau des Cycles de Globe, avec, à sa droite, Automobiles Louis Ravel et Impétus. La Vie au Grand Air est remarquablement élogieux sur le stand d'Impétus. Il s'agit en fait d'un publireportage et les concurrents ont été retouchés sur la photo (source Gallica). 
Le photographe n'a pris que peu de photos des stands individuels de cette dernière rangée; il a probablement pensé que ces exposants n'étaient pas intéressés par un publireportage.
Le stand de La Minerve n'a rien à voir avec notre cher Minervois, mais appartient à un constructeur automobile de Billancourt. Il ne faut pas le confondre avec l'usine anversoise de cycles et d'automobiles Minerva. Juste derrière le stand de La Minerve, on aperçoit l'enseigne d'Automoto, réputée pour ses bicyclettes, mais qui était également constructeur de voitures entre 1901 et 1907.
L'enseigne suivante est celle de Schaudel. Le salon, pour ce fabricant bordelais, sera-t-il aussi réussi que celui de janvier 1901 où il avait vendu 300 voitures ? Nous poursuivons notre visite par les stands d'Eugène Vincent, La Métropole et Darracq avant d'arriver au dernier stand dans cette partie du Salon :
Panhard & Levassor
Comparez comment notre photo du stand de Panhard & Lavassor a été retouchée avant d'être imprimée dans La Vie au Grand Air. La revue parle pleine d'admiration sur la voiture à l'avant gauche : Un cab avec moteur placé sous le siège du conducteur et que l'on conduit absolument comme un cab hippomobile et qui a été vendu à un médecin de Paris très connu.
La première automobile en Minervois
L'ère moderne se présente déjà : dans le même stand au fond à droite, on découvre le nouveau modèle Tonneau 2 cylindres (voir flèche rouge).
Le Carcassonnais Michel Plancard a acquis ce type dès juin 1901. C'est la onzième automobile immatriculée dans l'arrondissement de Toulouse. Il s'agit sans doute de la première automobile repérée dans le Minervois, car l'entreprise métallurgique Plancard l'utilise pour rendre visite à ses clients viticulteurs.
Cette photo de la famille Plancard en balade dans la Panhard & Lavassor de papa montre probablement le fils chauffard Émile François (*1887) au volant. Retrouvée dans une cave, portant encore son immatriculation d'origine 11-T, elle a été entièrement restaurée aux Etats-Unis dans les années 1990 et récemment vendue en Californie pour $307.500.
Méli-Mélo
Entre temps, nous sommes arrivés au centre du Grand Palais avec, à droite, le camion à vapeur avec Vercingétorix que nous avons vu dans notre premier article. Au-dessus de nos têtes est suspendu le Ballon Automobile Ville de Paris de Henry Deutsch (n'est-ce pas en fait le dirigeable de Santos-Dumont ?)
Entrons dans l'aile latérale du Grand Palais avec un méli-mélo d'exposants: cycles et voitures avec moteur à essence ou à vapeur, et de nombreuses voitures électriques. (zoom)
De ce dernier groupe, nous n'avons qu'une seule photo, celle du stand des Postes parisiennes qui utilisent les modèles électriques de Charles Mildé. Ils pèsent une tonne et demie en affichant une autonomie de 50 km. Cet inconvénient a été la raison pour laquelle le succès des voitures électriques était déjà sur le déclin pour connaître une renaissance aujourd'hui, après plus de cent ans. Pourtant en 1901 l'électricité avait toujours un côté magique. Monsieur Leprêtre a dû penser la même chose avec son Electrine, un carburant moitié Alcool moitié Bensol, une sorte d'E85 avant la lettre.
Avant de quitter l'aile latérale, nous passons devant les stands de
Terrot et Henriod

Décauville

La société Décauville opère dans de nombreux domaines: machines agricoles, moteurs électriques, cycles, tramways, autorails et depuis 1898 (jusqu'en 1911) également automobiles. Donc les voitures ne sont pas l'activité principale, mais comme elles sont joliment mises en valeur ici derrière une magnifique décoration Art nouveau, des guirlandes lumineuses et des fleurs, le photographe y prend deux clichés.
Le système Décauville en Minervois
Décauville est surtout connu pour son système de chemin de fer de faible écartement, démontable et transportable. Les wagonnets étaient d'abord poussés à la main ou tractés par des chevaux. Mais par la suite, des voitures motorisées et des petites locomotives ont vu le jour.
Une mine de fer abandonnée à Cabrespine possède encore des rails Décauville et il y a aussi un wagonnet avec un moteur, mais il n'est pas certain qu'il s'agisse d'une locomotive.

À l'époque, le système Décauville était également utilisé dans les carrières de marbre à Caunes-Minervois. Un des wagons à benne basculante est aujourd'hui exposé devant l'EcoMusée. Après avoir servi dans la carrière, il était encore utilisé dans les vignes.









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