Sur les pas de Jean GIONO
Départ de la balade : le parking de la mairie du Redortier - le Contadour.
Prendre la route départementale D5 en direction de Banon. La suivre sur environ 120 mètres. A l’embranchement prendre à gauche le chemin non revêtu. Nous cheminons à travers un bois de pin noir pour arriver bientôt au pied d’un vestige de moulin avec en arrière plan une bâtisse en pierre.

Nous nous trouvons devant le moulin et la vieille ferme que Giono et son groupe avaient fini par acheter, suite à l’exaltation éprouvée en 1935, dans leur expérience de vie au grand air, à philosopher et à refaire le monde.

C’est ici que s’organisaient deux fois par an les « Rencontres du Contadour ». Giono ne disait-il pas que « là est désormais notre habitation d’espoir » ?
L’aventure humaine du Contadour prendra hélas fin avec la déclaration de la guerre en septembre 1939.
Le Contadour, situé sur le flanc sud de la Montagne de Lure, représente pour Giono « la montagne libre et neuve où les hommes pourraient chercher leur joie et une grande source d’inspiration ».
Imprégnés de l’esprit des lieux, nous revenons sur nos pas jusqu’à notre point de départ. Nous poursuivons notre route en direction du cimetière et de l’église Saint-Jean-Baptiste (XVIIIème siècle). La route est alternativement bordée de pâtures et de boqueteaux. On atteint bientôt un très bel oratoire.

Nous continuons notre cheminement en direction du hameau Tinette. A un peu plus de 500 mètres nous nous engageons, sur la droite, sur un chemin en terre qui passe à travers un bois de pins. Nous montons pour atteindre un replat bordé par un champ de lavande.
Le chemin ensuite descend, longe une parcelle parsemée de jeunes pins. Nous arrivons à un carrefour près duquel se trouve une citerne d’eau.
Nous prenons à droite un chemin plus étroit qui traverse le ravin de Font Brune et monte à travers une lande parsemée d’arbres jusqu’à un nouveau chemin. Nous tournons à gauche et longeons de très grands champs de lavande. Nous découvrons alors, au milieu des alignements gris-bleu, le jas de Bouscarle édifié par Monsieur Bouscarle en 1904.

De la crête, en portant notre regard vers l’ouest, nous apercevons le sommet du « Géant de Provence » encore enneigé en plein mois de mars.

Nous poursuivons notre balade en suivant la ligne de la plus grande pente et atteignons le plateau des Chouscles.
« Sur cette grande étendue plate il semble que partout des yeux vous regardent, des choses vous guettent . »
« Il semble que l’arbre isolé soit le seul destin vertical de la plaine et du plateau. L’arbre seul dans la nature est vertical avec l’homme. »

Dans la lande parsemée de touffes de lavande notre regard se porte sur des pierres posées en tas. Certaines ont servi à construire des abris pour que les bergers se protègent de l’orage ou fassent une courte sieste à l’ombre.

Nous continuons à monter. Le vent siffle à nos oreilles et refroidit nos visages. Apparaît un premier cairn à 1 431 mètres d’altitude. Puis un deuxième à 1 413 mètres d’altitude en bordure de la Crête de La Faye. Comme le nom du lieu l’indique c’est le domaine du fayard, nom commun attribué au hêtre. Le vent en tourbillonnant envole les feuilles.

La vue sur les Alpes du sud et le sommet de Lure est magnifique.

Nous continuons notre marche le long de la ligne de Crête. Passons au sommet du Larran où se dresse le cairn du Pape et redescendons en direction du jas des Agneaux

avec en point de mire le Mont Ventoux. La bergerie est aujourd’hui délabrée. Elle aurait servi dans le film « Crésus » réalisé par Jean Giono en 1960. C’est ici que vivait la Fine qui guettait le soir la lumière de la lampe que Jules mettait à sa fenêtre pour qu’elle le rejoigne.

Nous continuons notre balade sur le sentier qui longe la Crête de la Faye jusqu’au Pas de Redortiers. A l’embranchement nous prenons le sentier le plus à gauche. A droite la piste conduit aux Omergues. C’est au bas de celle-ci qu’« Angelo Pardi », le héros du Hussard sur le toit, a rencontré le choléra.
Le sentier longe des terres récemment travaillées pour entrer ensuite dans un taillis de hêtre. Le vent nous pousse et il nous faudra trouver, entre les cépées, un abri pour pouvoir nous restaurer .

Après cette pause nous reprenons notre marche. Nous cheminons au travers de larges espaces enherbés, entrecoupés de bois denses de pin. Nous apercevons bientôt dans une clairière le jas des Terres du Roux. La bergerie en pierre sèche est magnifique avec son toit en encorbellement. Elle ne manque pas de nous émouvoir.

Nous continuons notre balade et arrivons à l’intersection d’un chemin plus large à la droite duquel nous nous engageons. Au bout de 250 mètres, nous empruntons sur notre gauche un sentier en crête d’une colline. On l’emprunte sur plus de 300 mètres avant de descendre à angle droit sur notre gauche, jusqu’à un vallon que l’on suit dans le sens aval, jusqu’à la citerne du Ravin de Fond auprès de laquelle nous sommes passés en début de matinée.
Le retour vers le Contadour se fait avec la satisfaction d’avoir découvert les lieux que Jean Giono avait dû parcourir et qu’il aimait tant. Et faire nôtres ses mots :
« Lure ! Me voilà hanté par ce mot et Lure m’apparut au milieu du lointain pays ».
Pour Jean Giono Lure était la merveille des merveilles.
Distance parcourue : 19 kilomètres
Remarque importante : depuis janvier 2020 les propriétaires des terrains interdisent le passage sur leurs parcelles. Le sentier n’est plus accessible au public depuis le hameau des Martins jusqu’à la crête de la Montagne de Lure ; les bergeries du Contadour situées sur leur propriété ne peuvent plus se visiter.
L’article vise à faire connaître ce qu’il était possible de découvrir avant 2020 et que depuis il n’est plus possible de voir.








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